Nom d’un (pré)nom!

Il arrive qu’un même prénom soit porté par plusieurs individus d’une même famille ou habitant la même région. Cela peut être une tradition familiale ou un usage local.

Comme beaucoup de généalogistes, j’ai rencontré cette singularité à plusieurs reprises, particulièrement dans un village proche de Joigny, dans l’Yonne, où de nombreuses personnes se prénommaient Edmé ou Edmée.

J’ai dernièrement trouvé des renseignements sur l’origine de ce prénom et la justification de sa fréquence en Bourgogne dans un ouvrage de généalogie récemment publié à compte d’auteur par M. Christian Mory N’oubliez pas votre Manteau ! – Généalogie de la famille Manteau originaire de l’Yonne.

Voici, avec l’autorisation de M. Mory, la retranscription de son propos :

«Il s’agit d’un prénom répandu localement et qui peut être assimilé à celui de Edmond.

Le prénom Edmé est intimement lié à celui de l’abbaye de Pontigny, près de Chablis dans I’Yonne

Edmond – ou Edme – d’Abingdon né près d’Oxford (Angleterre) en 1170, devint archevêque de Cantorbéry en 1234. Selon certaines sources, il serait entré en conflit avec le roi Henri III qui intervenait abusivement dans les affaires de l’Église. L’évêque Edmond dut prendre la route de l’exil et alla se réfugier à Pontigny dans I’Yonne.

Mais, si la tradition réussit très tôt à le faire passer pour un exilé dans cette abbaye cistercienne, à l’image de ses prédécesseurs, on sait aujourd’hui que Pontigny constituait en fait une halte sur son chemin pour Rome. Il arriva ainsi au monastère, probablement au début du mois de novembre 1240, mais, souffrant de maladie, il finit par rebrousser chemin et mourut le 16 novembre 1240 dans le prieuré augustin de Soisy, près de Provins. Son corps fut préparé pour être ramené en Angleterre mais l’abbé de Pontigny tint à l’enterrer dans son abbaye.

Plus de deux cent-cinquante récits de miracles survenus sur son tombeau dans les deux années suivant son inhumation attestent d’une flambée de dévotion entretenue par les moines. Une demande de reconnaissance officielle de ces miracles finit par aboutir à la canonisation de l’archevêque par le pape Innocent IV, le 16 décembre 1246. Le corps du saint, très bien conservé, fit dès lors l’objet d’une vénération qui attira les pèlerins et les donateurs, grâce auxquels fut fabriquée une précieuse chasse-reliquaire de grandes dimensions. Si cette chasse semble avoir disparu à la fin du Moyen-Âge, les reliques furent soigneusement préservées et permirent au culte d’être revivifié, en particulier à partir de la fin du XVIIè siècle, époque de renouveau de l’abbaye, puis à nouveau dans la seconde moitié du XIXè. C’est à cette époque que les moines ajoutèrent au titre originel de « Notre-Dame » de l’église de Pontigny, celui de « Saint-Edme ». Cette forme régionale du prénom Edmond, sous laquelle le saint anglais est connu, est particulièrement abondante dans les prénoms bourguignons des siècles derniers, grâce au rôle de protecteur des enfants morts sans baptême accordé par la tradition à saint Edme.

Edmond est un prénom d’origine germanique qui signifie « richesse » (ed) et « protection » (mund). Mais Saint Edme est il le protecteur de la richesse ? Ou une richesse (spirituelle) qui nous protège ? »

Le livre de Christian Mory est disponible sur le site www.coollibri.com ou en cliquant sur l’image ci-dessous :

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